Interview CIE
Asso crée en 2012, arrivée dans le Rhône en 2015.
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Parlez-moi de votre association ? Depuis quand existe-t-elle, le nombre de salariés, de bénévoles, vos domaines d'actions)
Moi je suis salarié, nous sommes 3 salariés dans l'asso, tous dans le Rhône. Après on a des services civiques un peu partout dans l'est de la France. On est une association qui fait de l'éducation à l'environnement vers la transition écologique. Notre but est de sensibiliser d'une part, entre autres aux déchets mais tout ce qui va avoir un impact sur l'environnement : la déforestation, l'élevage, l'énergie et à chaque fois essayer de voir où on en est en France et partout dans le monde sur cette thématique-là. Quelle sont les lois, quelle est l'histoire, comment on en est arrivé là ? Puis après avoir déceler les conséquences, essayer de se dire "Bon qu'est-ce qu'on peut faire ?" et essayer de remettre en question nos pratiques et habitudes.
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Et en termes d'actions.
Alors on a fait 2000 actions l'an dernier, on pense arriver à 2500 cette année. On fait d'une part des animations théoriques, pour sensibiliser et développer l’envie d'agir. D'autre part, développer la capacité des ateliers pratiques : tri des déchets, zéro déchets, cosmétique, cuisine végétarienne, sensibilisation à l'eau, avec par exemple une waterline = positionne les produits en fonction de leur besoin en eau, histoire de, par exemple, se rendre compte que le café ce n’est pas anodin. On essaie d'une part de sensibiliser et développer l'envie d'agir et la capacité d'agir. Pour que les gens soient conscients de ce qu'il se passe et pour qu'ils aient envie d'agir, c'est pourquoi on s'appelle Conscience et impact écologique.
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Votre cible ?
On commence à partir du CP, jusqu'à 99 ans, il n'y a pas de limite d'âge (primaire, collège, lycée, instituts supérieurs, MJC, Foyer pour jeunes travailleurs, migrants, enfants placés (structures sociales), entreprises, particuliers, maison de retraite). On n’a pas de limites, plus les gens sont éloignés des enjeux environnementaux et plus on a envie d'y aller. Parce que faire des confs où ont revoient toujours les mêmes têtes, ce n’est pas avec ça qu'on fait une transition écologique. Le but c'est d'aller chercher des gens qui ne sont pas sensibles pour leur dire "Il y a cette problématique-là, et ça vous impacte vous, au niveau de votre santé, ça détruit la biodiversité, ça à un impact à 'autre bout du monde aussi" Le but c'est de leur dire "engagez-vous et de trouver une manière de réduire votre impact environnemental. On va arriver dans un effondrement écologique majeur et si les gens ne sont pas préparés psychologiquement et concrètement à ça, ce sera une catastrophe sans précédent.
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Faites-vous de la communication ? Des actions de coms ? Si oui lesquelles ?
On n’est pas très bon en communication, on est bon dans l'action. Pauline est arrivée en juillet et s'occupe de la communication. Et aujourd'hui ça va beaucoup mieux, on essayer de diffuser les paroles et faire connaître l'asso ainsi que d'augmenter le nombre de personnes impactées. On fait des communiqués de presse qu'on envoi aux journaux, on a eu un petit article dans le monde l'année dernière.
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Est-ce que tu vois une évolution de la consommation écologique chez les jeunes !
Complètement, notamment au niveau des primaires que j'aime bien citer. Moi quand je suis rentrée dans l'asso en 2015, quand on demandait aux enfants "Qu'est-ce que le changement climatique ?" il nous répondait c'est le printemps, été automne, hiver. Aujourd'hui c'est la fonte des glaces, la montée des océans. Parfois ils se mélangent les pinceaux, mais l'idée est là. Aujourd'hui on ne rencontre plus de climatosceptiques, peu importe les âges. Ya encore 4 ans, quand on disait aux gens "Le changement climatique ça va être ça, ça et ça" on nous répondait "Ce n’est pas prouvé, il y a des études qui disent le contraire, on ne sait pas, il y a toujours sur des refroidissements et des réchauffements, etc…". A part Donald Trump, ces gens-là ont presque totalement disparus (rires). On ne peut pas nier que c'est la m***, on a fait des manifs en t-shirt en mars et d'autre en doudoune en juillet ! Il y a de plus en plus de personnes qui migrent à cause du changement climatique directement. On approche de la fin du pétrole, les gens commencent à se rendre compte que c'est une imminence. Forcément les mentalités évoluent en même temps. Il faut maintenant arriver à mettre les gens au pied du mur !
Les vieux sont plus dans une optique "travaille et cotise pour ta retraite" alors que les jeunes ont pris conscience pour la plupart, que McDo ce n’était pas le top, beaucoup ne veulent pas avoir d'enfants, ou que leur travail n'a plus de sens, ils veulent quelque chose qui a du sens. Un écart se creuse.
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Votre avis sur les gobelets en plastique ?
(Rires) Alors mon avis il est plus général que ça. On est sur-caféinés, ce n’est pas normal. Le café ça devrait être, non c'est un produit de luxe ! Il existe une plante qui s'appelle la chicorée qui remplace parfaitement le café, il existe des tisanes, la tisane de sauge, ça ressemble parfaitement au thé. Aujourd'hui, thé, café, chocolat ça devrait être trois choses qu'on ne devraient jamais avoir. Ça devrait être des choses que l’on a au resto, une fois de temps en temps. Le café du matin c'est une aberration. Niveau santé on n’est pas bon, niveau consommation on n’est pas bon, et niveau ressource non plus.
Il y a déjà cette problématique, et le fait de démocratiser les machines à café ce n’est pas bon du tout. Il y a la problématique des gobelets en plastique, fait avec du pétrole ? Le pétrole on arrive à la fin, donc il va falloir trouver une solution. On ne va pas se faire la guerre pour des gobelets, il va falloir trouver une solution.
Aujourd’hui, on n’attend pas que le frigo soit vide avant de faire les courses, on fait les courses avant ; La transition écologique c'est pareil, c'est quelque chose qu'il faut anticiper. Avant d’en venir à se disputer les ressources. Il y a déjà des ressources qui sont disputés entre 12 pays dans le monde, on va avoir un gros problème à cause du pétrole. Le pétrole c'est le plastique, les pesticides et les transports (voiture, avion, …). Il va falloir trouver une solution au niveau transition agricole, de conso et mobilité, et transition énergétique en général.
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On sait à peu près combien de temps il nous reste en ressources pétrolières ?
C'est compliqué à calculer, parce que les dernières prévisions étaient plutôt de l’ordre de 30 ans, finalement avec les sables bitumineux, pétroles et gaz de schiste, on se dit qu'on serait potentiellement sur du 50 ans mais en même temps notre consommation de pétrole augmente. C'est dur à estimer parce qu'en même temps au fur et à mesure nos techniques de recyclage évoluent et donc on ajoute de moins en moins de mat 1, donc de moins en moins de pétrole. Mais quoiqu'il arrive on arrive à la fin, on n’a peut-être pas la date exacte à 10 ans près, mais le problème est là.
Je vais me permettre maintenant d'amener notre projet, DÉCRIRE LE PROJET : Essayer de changer les choses à notre échelle, avec nos moyens, informer plutôt que pénaliser ou interdire.
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Tout ce genre de projet, c'est ce qu'on va mettre dans le développement durable. C'est quelque chose qu'on combat. Tu ne vas peut-être pas comprendre pourquoi je vais dans ce sens-là, mais je vais t'expliquer (rires). Le développement durable c'est continuer à produire et consommer, mais que ce soit soutenable pour l'environnement. Pour schématiser : ce n’est pas grave si l’on fait de la déforestation si on replante des arbres. Nous on dit : la déforestation ne faut pas en faire. Ce qu'il faut faire c'est manger moins, voire plus d'huile de palme, moins voire plus de viandes, arrêter d'acheter des meubles chez Ikea, arrêter d'avoir un nouveau smartphone tous les six mois, parce que là aussi la déforestation pour les mines de lithium par exemple. Si on replante un arbre, c'est cool, il y a un petit arbre qui va aborder un peu de CO². C'est vrai c'est mieux de re-planter un arbre que non, de proposer un gobelet réutilisable ou biodégradable mais ça ne règle pas le problème. Les gobelets, même réutilisables un certain temps, seront à jeter. Je combats le plastique à cause de perturbateurs endocriniens, ce qui veut dire des problèmes sur le long terme. Il y a toujours un échange qui se fait entre le contenu et le contenant, jambon, bouteille d’eau ; et pire encore quand on chauffe. On a une surexposition aux perturbateurs endocriniens.
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Nous notre projet c'est également ça, ramener sa propre tasse. A terme créer kit cafet.
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Il faut aussi que les gens comprennent qu’on ne peut pas prendre autant de café qu'on veut parce que le contenant est plus propre écologiquement, compostable et parce que le café est bio ou peu importe. Une initiative qu'on soutiendrai, c'est une sensibilisation sur le café.
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C'est ce que nous faisons = affiches café machines.
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Conclure en disant que le déchet le moins polluant c'est celui qu'on ne crée pas. Si on arrête de produire tout, vêtement électroménager, déco, on a tout ce qu'il faut pour la planète. Idéalement, ne serait-ce qu'aller à Emmaüs. Et revenir avec l'Evokup ou leur tasse, une gourde.
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Nous partons du constat qu'on ne peut pas et ne voulons pas pénaliser, mais éveiller les consciences en informant. Inciter plutôt que de contraindre.
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Il est vrai qu'il est toujours compliqué de faire une démarche parfaite. Le mieux est de se renseigner sur ce qu'il se fait de nouveau
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Justement, notre partenariat avec Evokup tend à cela = chercher des fournisseurs et ingénieurs français pour une production totalement française.
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Il faut tout de même faire attention au plastique, car en France, on a investi dans des machines qui ne détectent pas tous les plastiques. Le recyclage plastique ce n’est pas à 100%, le verre par exemple c'est à l'infini. Mais le verre c'est aussi une supercherie (rires), pour recycler du verre il faut le chauffer à 1000°, alors que la consigne, c’est avoir une machine qui va pulvériser de l'eau à l'intérieur de la bouteille, ça coûte rien, ce n’est pas compliqué, c'est fait encore en Autriche, en Allemagne par exemple, en Suisse.

